ORMANS HISTORIQUE

DOMNAMANTUM, DONAMANTUM, DORMANTUM, DORMANUM, DURMANNIA, DORMANZ est une petite ville située sur la rive gauche de la Marne, que l'on trouve sur un beau pont de 65m d'ouverture. Le pont de Dormans est une curiosité du pays, il est probable qu'il fut construit au IXème siècle après la destruction de celui de Binson.
Ce pont, si célèbre pendant le moyen âge, qui était construit en bois sur piles de pierre, fut coupé par les habitants en juillet 1575, peu de jours avant la bataille de Dormans; on le reconstruisit ensuite, et dans ces dernières années il a été remplacé par un pont suspendu d'une grande hardiesse.
L'origine de cette localité est fort ancienne: Lesage (histoire et géographie de la Marne) rapporte diverses étymologies que l'on donne de son nom et le fait remonter aux Celtes.
Dormans apparaît pour la première fois dans l'histoire au milieu du IXème siècle, à l'occasion de certains hérétiques du lieu qui furent condamnés pour avoir embrassé les erreurs de Gothescale, maire d'Orbais.
Avec le temps, Dormans prit de l'importance et fit partie du Comté de Champagne, à titre de pays d'obédience, c'est à dire dont le comte possédait la seigneurie immédiate. On sait par une charte de 1151 que le bourg était chef-lieu d'une prévôté ou châtellerie.
      Cette petite circonscription politique n'eut jamais grande importance. M.de Jubainville pense même qu'elle ne fut qu'une dépendance de la châtellerie de Châtillon sur Marne (Histoire des comtes de Champagne, tome IV) en tous cas elle y fut réunie de bonne heure, car dans les rôles de la chancellerie de nos Comtés, ces deux noms sont toujours accolés, Chastellerie de Chasteillon et de Dormanz.
On a une preuve manifeste dans la célèbre charte d'août 1231, par laquelle Thibaut IV, dit le grand, comte de Champagne, accorde une commune aux habitants de Châtillon et de Dormans: ces deux localités obtiennent les mêmes droits, les mêmes privilèges et semblent dans la pensée du législateur ne former qu'un seul être politique.
Toutefois, nos comtes aliénèrent certaines parties de leur domaine. Ainsi, dans ce même XII ème siècle, Henry de Sorcy tenait en fief le péage du pont de Dormans et un chevalier nommé Guy avait obtenu, de même, le moulin du lieu avec une certaine quantité de prés et de terres qui en dépendaient.
Hugues de Chaumuzy y possédait une rente d'orge évaluée à 40 sous parisis. Un autre chevalier nommé Pierre devait l'hommage-lige et deux mois de garde à Châtillon pour son fief de Dormans, qui n'est pas autrement spécifié, et sa femme possédait également ce bénéfice, peut-être à titre de douaire, ainsi qu'on le lit sur le même rôle de la femme de Guy. Ce dernier ne devait que l'hommage lige et son fief consistait en une demi charrue de terre, des vignes, un jardin, douze ménages de serfs, le moulin du pont, des poules, de l'avoine et la pêche de la Marne.